dimanche 25 décembre 2011

Joyeux Noël et bonne année 2012

Chers amis,
je vous souhaite à tous une bonne fête de la Nativité! C'est à une réalité de vie nouvelle que nous sommes appelés à travers la venue  en ce monde du Dieu fait homme!
Que chacune et chacun sache que quelque part, un frère prie pour lui (elle) et la confie au dessein d'amour de Dieu, par le Christ Jésus, notre chemin et note but.


"Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent."

vendredi 16 décembre 2011

Une cure de jouvence à Layrac


C’est dans la joie que nous avons fêtés plusieurs jubilés le weekend dernier (10 et 11 décembre) dans la région sud-ouest !

D’abord le samedi, à Layrac (maison de repos des assomptionnistes, quatre assomptionnistes étaient mis à l’honneur. Christian Rouat, supérieur de la maison, et Paul Calas célébraient leur cinquante ans de sacerdoce. Marcel Arzel fêtait quant à lui 60 ans de vie religieuse et le doyen des jubilaires, Joseph Hascoët, 70 ans de vie religieuse.
Les jubilaires ont donc jubilés et rendus grâce à Dieu entourés de frères (Agen, Layrac, Montpellier, Nîmes, Saint Lambert et Toulouse), d’amis et de proches. Mgr Bellino Ghirard, évêque émérite de Rodez,  nous a fait l’amitié de présider l’eucharistie. L’homélie, qui sentait bon l’air marin, était confiée au père Noël Le Bousse.
Autant vous dire que pour un jeune religieux comme moi (un peu plus d’un an de vœux), cette journée fut mémorable. Pensez-vous, déjeuner en face du père Jean Perennes, 90 ans, qui a eu comme professeurs les pères Athanase Sage (études augustiniennes) et Emile Gabel (ancien rédacteur en chef de La Croix), c’est être plongé dans l’histoire de l’Assomption et ressortir vivant, enrichi par la transmission d’un témoignage de vie qui nous permet d’approfondir le sens que nous voulons donner à notre vie religieuse.
Jeunes frères en formation de Toulouse, nous étions heureux parmi nos aînés parce qu’ils ne demandaient qu’à nous connaitre davantage et à nous partager leur expérience de la vie religieuse. Nous avons vécu une belle journée de complicité fraternelle avec nos frères de Layrac et nous les en remercions. Merci de votre humilité et de la simplicité de vos témoignages, merci pour vos vies données pour l’avènement du Règne de Dieu. Notre journée s’est terminée par un temps de recueillement sur les tombes de nos frères, particulièrement pour ceux qui ont rejoints le Père en 2011.
Un désir m’habitait au retour, prendre du temps pour visiter à nouveau mes frères.

jeudi 8 décembre 2011

La justice de Dieu (Is 11, 1-10 ; Lc 10, 21-24)



Commentaire d'évangile fait aux frères le mardi 29 novembre 2011
Lecture du livre d'Isaïe
Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d'après les apparences, il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays. Comme un bâton, sa parole frappera le pays, le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. Justice est la ceinture de ses hanches ; fidélité, le baudrier de ses reins. Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l'ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main.
Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. 
Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Jésus, exultant de joie sous l'action de l'Esprit Saint, dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier :
« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »

                                                                                                                                                                   
         « Il ne jugera pas d’après les apparences ; il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire. Il jugera les petits 
         avec justice ; justice est la ceinture de ses hanches ; »
            Ces versets d’Isaïe sont vraiment révolutionnaires. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu cela. La justice existe, l’attention au plus pauvre, plus petit aussi. Mais dans notre monde est-ce bien possible ?
            La question est légitime.
« Le loup habitera avec l’agneau », cela nous fait bien rire si l’on pense à la fable Le loup et l’agneau de Jean de la Fontaine. Si on regarde la réalité en face, on se range du côté de la Fontaine. Cette fable commence ainsi :
« La raison du plus fort est toujours la meilleure, Nous l'allons montrer tout à l'heure ». L’agneau boit tranquillement dans un cours d’eau. Un loup affamé arrive et commence à lui chercher des noises. Sois disant, l’agneau se serait moqué de lui alors qu’il n’était même pas né. Bref, le loup cherche une excuse pour assouvir sa faim.
« Là-dessus, au fond des forêts, Le Loup l'emporte, et puis le mange, Sans autre forme de procès. »
Il est donc dur de ne pas sourire en entendant la prophétie d’Isaïe. De plus, on veut nous faire croire qu’un rejeton a l’esprit du Seigneur, qu’un nourrisson s’amusera sur le nid du cobra.
C’est quand même incroyable !
            Et pourtant, nous avons fondé notre foi sur une parole, un témoignage, celui du Christ !
« Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » (Lc 10, 24)
Nous ne sommes plus au temps des prophéties, nous sommes au temps de l’accomplissement.
Et nous attendons le retour du Sauveur, celui qui a pris notre humanité pour nous unir à sa divinité, celui qui s’est fait pauvre, qui a jugé et qui jugera les pauvres avec justice.
Oui, nous pouvons dire que le rejeton du livre d’Isaïe sur qui repose l’esprit du Seigneur : « esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » ce rejeton, ce rameau sorti de la souche de Jessé, c’est le Christ.
Alors, nous connaissons le Juste mais où est-elle sa justice qui verra le veau et le lionceau manger ensemble, la vache et l’ourse avoir même pâturage ?
Et bien, elle est là et elle n’est pas encore, du moins en plénitude. Pourquoi ? Parce que tous ne l’ont pas encore reconnu, les sages et les savant n’ont pas encore eu l’humilité d’accepter d’ôter le voile de la connaissance qui enferme Dieu en un système de pensée, ils n’ont pas encore eu l’humilité de se tourner vers l’enfant Dieu !
Où sont-ils ces sages et savants ? Nous le sommes. Nous le sommes lorsque nous préférons être à l’image du loup de La Fontaine, sûr de nos capacités. Nous sommes pauvres et justes lorsque nous avons l’humilité d’être des serviteurs et de nous confier à Dieu, d’accepter de nous abandonner dans celui que nous pensons faible et qui se révèle être richesse.
Les attitudes de l’agneau, du lion, de la vache, du cobra chez Isaïe révèlent la justice de Dieu car elles sont sorties de leur instinct de bestialité.
            Ce temps de l’Avent nous invite donc à arrêter de ruminer dans notre coin comme des bêtes et à nous convertir ! Retrouver en nous ce désir du Christ qui mène à Dieu, ce désir de paix qui mène à la louange, cet émerveillement de voir dans le tout-petit le visage de Dieu.
            Alors avec le psalmiste, nous pourrons chanter dans l’espérance :
« En ces jours-là fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! »

jeudi 17 novembre 2011

Zachée, descend de ton arbre (Lc 19, 1-10)


[1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville.
[2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche.
[3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.
[4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.
[5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : " Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi. "
[6] Et vite il descendit et le reçut avec joie.
[7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : " Il est allé loger chez un homme pécheur ! "
[8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : " Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple. "
[9] Et Jésus lui dit : " Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.
[10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. "

            J’aimerais attirer votre attention aujourd’hui, non pas seulement sur Zachée mais sur l’attitude de la foule.
En effet, Jéricho correspond assez bien à l’atmosphère ambiante dans laquelle nous vivons.
C’est une ville de passage, de mouvement, une ville où l’on ne s’arrête quasiment pas sinon pour reprendre la route vers Jérusalem.
Qui dit passage, dit foule, qui foule dit grand évènement.
Le grand évènement aujourd’hui, c’est le passage de Jésus. On ne dit d’ailleurs pas si la foule est réunie pour ce motif, en tout cas, Zachée vient bien pour voir Jésus.
Nous avons déjà fait l’expérience de cette foule. Une personnalité passe, le pape aux JMJ par exemple, et la foule fait bloque autour de lui. Une personne blessée dans la rue, toujours la foule qui se presse, bien souvent passive.
Sommes-nous de ces badauds qui viennent et s’entassent autour du blessé et qui fermons, peut-être à notre insu, tout espace pour laisser passer les secours, le secours ?
Et le secours, c’est le Christ, le Fils de l’homme venu chercher et sauver ce qui était perdu. C’est bien le Christ Bon Berger qui se présente à nous aujourd’hui. Et heureusement pour nous, Dieu précède le besoin de l’homme et passe malgré les obstacles.
            Oppressante est la foule et c’est pourquoi Zachée prend de la hauteur.
Celui qui cherche à voir Jésus est vu le premier et se retrouve au cœur de l’attention de la foule. Jésus l’interpelle : « Zachée, descends vite : aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi. » 
Etonnement, désapprobation : Pourquoi lui, pourquoi ceux qui sont aux marges, dans les arbres et pas nous, bons chrétiens, disciples du Christ ? Pourquoi Jésus passe son chemin et  se tourne vers le pécheur ?
La recherche, le désir ! Sommes-nous toujours en recherche ou contentons-nous parfois d’être sur le chemin, avec la foule ?
La foule n’a aucun désir, elle est là, passive, attend que cela passe, elle ne voit même pas ce qui en train de se passer, elle est enfermée dans son cadre habituel tel un poisson rouge dans son bocal.
            L’habitude peut nous faire perdre cette capacité à désirer. Mais comme Dieu nous devance dans notre quête, a l’initiative, nous pouvons, avec l’aveugle d’hier et Zachée aujourd’hui, confesser dans la confiance le nom du Seigneur, qui vient combler notre désir bien au-delà de ce que nous attendons.
Et c’est la joie qui nous anime. Toutefois, nous ne sommes pas à l’abri des récriminations. Bien vite la lourdeur du regard d’autrui ou de notre propre regard peut nous faire perdre de vue le but de notre désir :
« Voir Jésus, chercher à voir qui est Jésus. »
            Et c’est dans l’Aujourd’hui que nous pourrons ravivez ce désir.
Ne pensons plus à l’essoufflement de notre désir d’hier, à nos murmures, ne remettons pas à demain l’embrasement de notre désir de voir Dieu, pensons et demeurons dans l’Aujourd’hui.
            Cet Aujourd’hui salvifique de Dieu, il est éternel et nous permet d’être Fils d’Abraham, d’être enfant de Dieu accueillant authentiquement chez nous, comme Zachée, le Salut en personne, Jésus-Christ.

mardi 25 octobre 2011

« La création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. »(Rm 8, 19)


Lecture et évangile du jour
Rm 8, 18-25 / Lc 13, 18-21

Rm 8, 18-25
[18] J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous.
[19] Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu :
[20] si elle fut assujettie à la vanité - non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise - c'est avec l'espérance
[21] d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu.
[22] Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement.
[23] Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l'attente de la rédemption de notre corps.
[24] Car notre salut est objet d'espérance ; et voir ce qu'on espère, ce n'est plus l'espérer : ce qu'on voit, comment pourrait-on l'espérer encore ?
[25] Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec constance.
Lc 13, 18-21
[18] Il disait donc : " À quoi le Royaume de Dieu est-il semblable et à quoi vais-je le comparer ?
[19] Il est semblable à un grain de sénevé qu'un homme a pris et jeté dans son jardin ; il croît et devient un arbre, et les oiseaux du ciel s'abritent dans ses branches. "
[20] Il dit encore : " À quoi vais-je comparer le Royaume de Dieu ?
[21] Il est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé. "

« La création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. »(Rm 8, 19)
            Je suis toujours heureux d’entendre ce verset comme antienne du Cantique de la création car il me rappelle, il nous rappelle, qu’il s’est passé un évènement qui a révolutionné ma vie, notre vie ! Dieu est venu dans le monde.
Ainsi, nous sommes invités à nous décentrer de nous-mêmes pour regarder autour de nous et par ce beau visage de la création, à nous tourner vers Dieu.

« La création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. » (Rm 8, 19)
            Et pourtant, nous sommes malmenés par la création, il suffit de se rappeler le séisme au Japon ou récemment encore le tremblement de terre en Turquie.
Mais que retenons-nous aujourd’hui de tout cela ?
Des pertes humaines, bien sûr, mais surtout la solidarité qui a jailli, la capacité des hommes à se relever et à regarder vers l’avenir, bref, à admirer cette espérance qui est inscrite en chacun de nous.
En effet, cette force, pour nous chrétiens, nous la tenons du Christ qui a vaincu la mort mais qui n’a pas échappé à la souffrance, qui l’a portée avec lui sur sa croix.
Dans ces temps de crises qui nous touchent, nous blessent, nous avons cette chance de savoir vers qui nous tourner. Nous savons que, ni le mal, ni la souffrance n’ont le dernier mot.
Nous tombons, nous nous relevons, nous avançons portés par l’espérance.
            Dieu agit avec nous comme des parents lors des premiers pas de leur enfant :
L’enfant est casse-cou, insouciant, heureux de marcher comme les grands mais mal habile alors il tombe! Le réflexe est de courir vers lui pour le relever ! La sagesse est de regarder la force et la persévérance qu’il va déployer pour se relever lui-même ! Et si cela ne marche pas, il appellera à l’aide par son cri parce qu’il sait que quelqu’un est toujours près de lui.
Dieu agit ainsi avec nous parce qu’il nous a donné une force, celle de l’Esprit Saint.
Avec cet Esprit, nous sommes libres ! Non pas seulement vis-à-vis de la souffrance qui nous atteint mais ne nous achève pas, mais vis-à-vis de nous-mêmes parce que nous aspirons, nous chrétiens, à la vraie liberté, à la vie divine.

« Nous connaîtrons la liberté, la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8, 21)
            Qu’elle est cette gloire qui nous attend sinon celle du Règne de Dieu auquel Jésus nous invite dans l’Evangile?
La création nous est donnée, le règne de Dieu nous est donné ! Et quelle chance avons-nous, par le Christ Jésus, il nous est donné d’y participer !
Nous ne sommes pas encore en Dieu mais nous y aspirons de tout notre cœur. Et nous, religieux, nous sommes appelés à être le signe visible de cette gloire à laquelle nous sommes invités.
            Saint Paul nous invite à l’espérance, nous espérons ! Nous espérons parce que l’Esprit Saint est en nous et il nous fait désirer voir plus que nous-mêmes!
Le levain est dans la pâte, le Christ est dans notre vie ! Soyons confiant, la pâte lève, le boulanger est à l’œuvre !
Et quand le moment sera venu de consommer le pain éternel, soyons-en sûr, nos bouches seront pleines de rires, nous pousserons des cris de joie. (Ps 126, 2)