Lecture et évangile du jour
Rm 8, 18-25 / Lc 13, 18-21
Rm 8, 18-25
[18] J'estime en effet que
les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se
révéler en nous.
[19] Car la création en
attente aspire à la révélation des fils de Dieu :
[20] si elle fut assujettie à
la vanité - non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise -
c'est avec l'espérance
[21] d'être elle aussi
libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la
gloire des enfants de Dieu.
[22] Nous le savons en effet,
toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement.
[23] Et non pas elle seule :
nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons nous aussi
intérieurement dans l'attente de la rédemption de notre corps.
[24] Car notre salut est
objet d'espérance ; et voir ce qu'on espère, ce n'est plus l'espérer : ce qu'on
voit, comment pourrait-on l'espérer encore ?
[25] Mais espérer ce que nous
ne voyons pas, c'est l'attendre avec constance.
Lc 13, 18-21
[18] Il disait donc : "
À quoi le Royaume de Dieu est-il semblable et à quoi vais-je le comparer ?
[19] Il est semblable à un
grain de sénevé qu'un homme a pris et jeté dans son jardin ; il croît et
devient un arbre, et les oiseaux du ciel s'abritent dans ses branches. "
[20] Il dit encore : " À
quoi vais-je comparer le Royaume de Dieu ?
[21] Il est semblable à du
levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce
que le tout ait levé. "
« La création aspire de toutes ses forces à voir
cette révélation des fils de Dieu. »(Rm 8, 19)
Je suis toujours heureux d’entendre
ce verset comme antienne du Cantique de
la création car il me rappelle, il nous rappelle, qu’il s’est passé un
évènement qui a révolutionné ma vie, notre vie ! Dieu est venu dans le
monde.
Ainsi,
nous sommes invités à nous décentrer de nous-mêmes pour regarder autour de nous
et par ce beau visage de la création, à nous tourner vers Dieu.
« La création aspire de toutes ses forces à voir
cette révélation des fils de Dieu. » (Rm 8, 19)
Et pourtant, nous sommes malmenés
par la création, il suffit de se rappeler le séisme au Japon ou récemment
encore le tremblement de terre en Turquie.
Mais
que retenons-nous aujourd’hui de tout cela ?
Des pertes
humaines, bien sûr, mais surtout la solidarité qui a jailli, la capacité des
hommes à se relever et à regarder vers l’avenir, bref, à admirer cette
espérance qui est inscrite en chacun de nous.
En effet, cette force, pour nous chrétiens, nous la
tenons du Christ qui a vaincu la mort mais qui n’a pas échappé à la souffrance,
qui l’a portée avec lui sur sa croix.
Dans
ces temps de crises qui nous touchent, nous blessent, nous avons cette chance
de savoir vers qui nous tourner. Nous savons que, ni le mal, ni la souffrance
n’ont le dernier mot.
Nous
tombons, nous nous relevons, nous avançons portés par l’espérance.
Dieu agit avec nous comme des
parents lors des premiers pas de leur enfant :
L’enfant
est casse-cou, insouciant, heureux de marcher comme les grands mais mal habile
alors il tombe! Le réflexe est de courir vers lui pour le relever ! La
sagesse est de regarder la force et la persévérance qu’il va déployer pour se
relever lui-même ! Et si cela ne marche pas, il appellera à l’aide par son
cri parce qu’il sait que quelqu’un est toujours près de lui.
Dieu
agit ainsi avec nous parce qu’il nous a donné une force, celle de l’Esprit
Saint.
Avec
cet Esprit, nous sommes libres ! Non pas seulement vis-à-vis de la
souffrance qui nous atteint mais ne nous achève pas, mais vis-à-vis de
nous-mêmes parce que nous aspirons, nous chrétiens, à la vraie liberté, à la
vie divine.
« Nous connaîtrons la liberté, la gloire des
enfants de Dieu » (Rm 8, 21)
Qu’elle est cette gloire qui nous
attend sinon celle du Règne de Dieu auquel Jésus nous invite dans
l’Evangile?
La
création nous est donnée, le règne de Dieu nous est donné ! Et quelle chance
avons-nous, par le Christ Jésus, il nous est donné d’y participer !
Nous
ne sommes pas encore en Dieu mais nous y aspirons de tout notre cœur. Et nous,
religieux, nous sommes appelés à être le signe visible de cette gloire à
laquelle nous sommes invités.
Saint Paul nous invite à
l’espérance, nous espérons ! Nous espérons parce que l’Esprit Saint est en
nous et il nous fait désirer voir plus que nous-mêmes!
Le
levain est dans la pâte, le Christ est dans notre vie ! Soyons confiant,
la pâte lève, le boulanger est à l’œuvre !
Et
quand le moment sera venu de consommer le pain éternel, soyons-en sûr, nos bouches seront pleines de rires, nous
pousserons des cris de joie. (Ps 126, 2)