[1] Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller.
[2] Et il leur disait : " La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson.
[3] Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups.
[4] N'emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin.
[5] En quelque maison que vous entriez, dites d'abord : "Paix à cette maison ! "
[6] Et s'il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra.
[7] Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu'il y aura chez eux ; car l'ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
[8] Et en toute ville où vous entrez et où l'on vous accueille, mangez ce qu'on vous sert ;
[9] guérissez ses malades et dites aux gens : "Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. "
Dans
ce début de chapitre 10, Luc nous dit que Jésus désigne encore 72 disciples et
les envoie devant lui 2 par 2.
On apprend ensuite qu’ils sont
envoyés comme des agneaux au milieu des loups, et horreur, sans rien prendre
avec eux !
Georges Brassens ne supporterait pas
cet évangile et nous chanterait que Jésus envoie ses disciples, pardonnez-moi
le jeu de mot, au casse-pipe. Ou encore comme dans sa chanson Mourir pour des idées :
Les saint jean bouche d'or qui prêchent le
martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent
ici-bas
Géronte, des Fourberies de Scapin, pièce de Molière, s’exclamerait sur les 72 en
disant :
Mais
que diable allaient-ils faire dans cette galère !
Bref, Jésus dans
cette évangile ne se montre pas très rassurant pour ses disciples, et
pourtant !
En effet, il est
important de nous rappeler que juste avant, Jésus envoie les 12 avec le même
objectif : guérir et annoncer la proximité du Règne de Dieu ; et dans
les mêmes conditions : sans argent, ni sac, ni sandales !
En envoyant les
72, Jésus leur donne la puissance et le pouvoir de guérir ! Et la première
lecture vient nous le rappeler dans la bouche de Paul (2 Tm 4, 17) :
« Il m’a
rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Evangile »
Ainsi, comme les disciples, nous
n’avons besoin de rien d’autre que de la parole ferme et confiante de
Jésus : Allez!
En étant envoyé
par Jésus pour l’annonce du Royaume, avec les disciples, nous pouvons donner
« la paix » à ce qui sont près à la recevoir. Soyons-en sûr, Jésus nous
rejoindra là où nous serons !
Peut-être la paix de Dieu ne
touchera pas les cœurs et qu’en effet, certains loups nous hurleront
dessus ! Mais la paix est en marche et elle est bien présente, elle nous
précède et est efficace, elle ne disparaît pas avec celui ou celle qui la
refuse car cette paix n’est pas donné en notre nom mais au nom de Dieu.
C’est parce que les 72 disciples
sont envoyés simplement vêtus de la paix, c’est-à-dire de l’annonce du salut,
qu’ils peuvent se laisser accueillir et recueillir les fruits de la paix qu’ils
apportent avec eux.
Nous sommes appelés à être
désintéressés, remplis de la bienveillance du Christ dans nos relations, à
l’image des 72 annonçant d’abord la paix, celle qu’ils ont reçus eux-mêmes.
Et ainsi, l’urgence de l’annonce ne
signifie pas empressement ! Ne passons pas de maison en maison pour faire
du chiffre. Au contraire, attablons-nous, tissons des liens !
Nous
ne sommes pas simplement des premières parties de la rock star Jésus Christ qui
faisons patienter l’auditoire car en proclamant que « le Règne de Dieu est
tout proche », Dieu se rend déjà présent à travers nous !
Avançons
donc dans la confiance que la présence de Dieu est à nos côtés malgré les difficultés.
Jésus ne nous dit-il pas plus loin (Lc 10,16), après avoir averti les ennemis
de la paix :
« Qui vous écoute
m’écoute » !
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