vendredi 21 octobre 2011

Fête de Saint Luc, patron des médecins

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (10, 1-9) 
[1] Après cela, le Seigneur désigna soixante-douze autres et les envoya deux par deux en avant de lui dans toute ville et tout endroit où lui-même devait aller. [2] Et il leur disait : " La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson. [3] Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu de loups. [4] N'emportez pas de bourse, pas de besace, pas de sandales, et ne saluez personne en chemin. [5] En quelque maison que vous entriez, dites d'abord : "Paix à cette maison ! " [6] Et s'il y a là un fils de paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle vous reviendra. [7] Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu'il y aura chez eux ; car l'ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. [8] Et en toute ville où vous entrez et où l'on vous accueille, mangez ce qu'on vous sert ; [9] guérissez ses malades et dites aux gens : "Le Royaume de Dieu est tout proche de vous. " 


            Dans ce début de chapitre 10, Luc nous dit que Jésus désigne encore 72 disciples et les envoie devant lui 2 par 2.
On apprend ensuite qu’ils sont envoyés comme des agneaux au milieu des loups, et horreur, sans rien prendre avec eux !
Georges Brassens ne supporterait pas cet évangile et nous chanterait que Jésus envoie ses disciples, pardonnez-moi le jeu de mot, au casse-pipe. Ou encore comme dans sa chanson Mourir pour des idées :
Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Géronte, des Fourberies de Scapin, pièce de Molière, s’exclamerait sur les 72 en disant :
Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère !
Bref, Jésus dans cette évangile ne se montre pas très rassurant pour ses disciples, et pourtant !
En effet, il est important de nous rappeler que juste avant, Jésus envoie les 12 avec le même objectif : guérir et annoncer la proximité du Règne de Dieu ; et dans les mêmes conditions : sans argent, ni sac, ni sandales !
En envoyant les 72, Jésus leur donne la puissance et le pouvoir de guérir ! Et la première lecture vient nous le rappeler dans la bouche de Paul (2 Tm 4, 17) :
« Il m’a rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Evangile »
Ainsi, comme les disciples, nous n’avons besoin de rien d’autre que de la parole ferme et confiante de Jésus : Allez! 
En étant envoyé par Jésus pour l’annonce du Royaume, avec les disciples, nous pouvons donner « la paix » à ce qui sont près à la recevoir. Soyons-en sûr, Jésus nous rejoindra là où nous serons !
Peut-être la paix de Dieu ne touchera pas les cœurs et qu’en effet, certains loups nous hurleront dessus ! Mais la paix est en marche et elle est bien présente, elle nous précède et est efficace, elle ne disparaît pas avec celui ou celle qui la refuse car cette paix n’est pas donné en notre nom mais au nom de Dieu.
C’est parce que les 72 disciples sont envoyés simplement vêtus de la paix, c’est-à-dire de l’annonce du salut, qu’ils peuvent se laisser accueillir et recueillir les fruits de la paix qu’ils apportent avec eux.
Nous sommes appelés à être désintéressés, remplis de la bienveillance du Christ dans nos relations, à l’image des 72 annonçant d’abord la paix, celle qu’ils ont reçus eux-mêmes.
Et ainsi, l’urgence de l’annonce ne signifie pas empressement ! Ne passons pas de maison en maison pour faire du chiffre. Au contraire, attablons-nous, tissons des liens !
            Nous ne sommes pas simplement des premières parties de la rock star Jésus Christ qui faisons patienter l’auditoire car en proclamant que « le Règne de Dieu est tout proche », Dieu se rend déjà présent à travers nous !
            Avançons donc dans la confiance que la présence de Dieu est à nos côtés malgré les difficultés. Jésus ne nous dit-il pas plus loin (Lc 10,16), après avoir averti les ennemis de la paix :
« Qui vous écoute m’écoute » !         

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