[1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville.
[2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de
publicains, et qui était riche.
[3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à
cause de la foule, car il était petit de taille.
[4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus,
qui devait passer par là.
[5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : "
Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi. "
[6] Et vite il descendit et le reçut avec joie.
[7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : " Il est allé
loger chez un homme pécheur ! "
[8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : " Voici, Seigneur, je
vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque
chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple. "
[9] Et Jésus lui dit : " Aujourd'hui le salut est arrivé pour
cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.
[10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était
perdu. "
J’aimerais
attirer votre attention aujourd’hui, non pas seulement sur Zachée mais sur
l’attitude de la foule.
En effet, Jéricho correspond assez bien à l’atmosphère
ambiante dans laquelle nous vivons.
C’est une ville de passage, de mouvement, une ville où l’on
ne s’arrête quasiment pas sinon pour reprendre la route vers Jérusalem.
Qui dit passage, dit foule, qui foule dit grand évènement.
Le grand évènement aujourd’hui, c’est le passage de Jésus.
On ne dit d’ailleurs pas si la foule est réunie pour ce motif, en tout cas,
Zachée vient bien pour voir Jésus.
Nous avons déjà fait l’expérience de cette foule. Une
personnalité passe, le pape aux JMJ par exemple, et la foule fait bloque autour
de lui. Une personne blessée dans la rue, toujours la foule qui se presse, bien
souvent passive.
Sommes-nous de ces badauds qui viennent et s’entassent
autour du blessé et qui fermons, peut-être à notre insu, tout espace pour
laisser passer les secours, le secours ?
Et le secours, c’est le Christ, le Fils de l’homme venu
chercher et sauver ce qui était perdu. C’est bien le Christ Bon Berger qui
se présente à nous aujourd’hui. Et heureusement pour nous, Dieu précède le
besoin de l’homme et passe malgré les obstacles.
Oppressante
est la foule et c’est pourquoi Zachée prend de la hauteur.
Celui qui cherche à voir Jésus est vu le premier et se
retrouve au cœur de l’attention de la foule. Jésus l’interpelle :
« Zachée, descends vite : aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez
toi. »
Etonnement, désapprobation : Pourquoi lui, pourquoi
ceux qui sont aux marges, dans les arbres et pas nous, bons chrétiens,
disciples du Christ ? Pourquoi Jésus passe son chemin et se tourne vers le pécheur ?
La recherche, le désir ! Sommes-nous toujours en
recherche ou contentons-nous parfois d’être sur le chemin, avec la foule ?
La foule n’a aucun désir, elle est là, passive, attend que
cela passe, elle ne voit même pas ce qui en train de se passer, elle est
enfermée dans son cadre habituel tel un poisson rouge dans son bocal.
L’habitude
peut nous faire perdre cette capacité à désirer. Mais comme Dieu nous devance
dans notre quête, a l’initiative, nous pouvons, avec l’aveugle d’hier et Zachée
aujourd’hui, confesser dans la confiance le nom du Seigneur, qui vient combler
notre désir bien au-delà de ce que nous attendons.
Et c’est la joie qui nous anime. Toutefois, nous ne sommes
pas à l’abri des récriminations. Bien vite la lourdeur du regard d’autrui ou de
notre propre regard peut nous faire perdre de vue le but de notre désir :
« Voir Jésus, chercher à voir qui est Jésus. »
Et c’est
dans l’Aujourd’hui que nous pourrons ravivez ce désir.
Ne pensons plus à l’essoufflement de notre désir d’hier, à
nos murmures, ne remettons pas à demain l’embrasement de notre désir de voir
Dieu, pensons et demeurons dans l’Aujourd’hui.
Cet Aujourd’hui
salvifique de Dieu, il est éternel et nous permet d’être Fils d’Abraham, d’être
enfant de Dieu accueillant authentiquement chez nous, comme Zachée, le Salut en
personne, Jésus-Christ.
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