jeudi 17 novembre 2011

Zachée, descend de ton arbre (Lc 19, 1-10)


[1] Entré dans Jéricho, il traversait la ville.
[2] Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c'était un chef de publicains, et qui était riche.
[3] Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.
[4] Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là.
[5] Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : " Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi. "
[6] Et vite il descendit et le reçut avec joie.
[7] Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : " Il est allé loger chez un homme pécheur ! "
[8] Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : " Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple. "
[9] Et Jésus lui dit : " Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d'Abraham.
[10] Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. "

            J’aimerais attirer votre attention aujourd’hui, non pas seulement sur Zachée mais sur l’attitude de la foule.
En effet, Jéricho correspond assez bien à l’atmosphère ambiante dans laquelle nous vivons.
C’est une ville de passage, de mouvement, une ville où l’on ne s’arrête quasiment pas sinon pour reprendre la route vers Jérusalem.
Qui dit passage, dit foule, qui foule dit grand évènement.
Le grand évènement aujourd’hui, c’est le passage de Jésus. On ne dit d’ailleurs pas si la foule est réunie pour ce motif, en tout cas, Zachée vient bien pour voir Jésus.
Nous avons déjà fait l’expérience de cette foule. Une personnalité passe, le pape aux JMJ par exemple, et la foule fait bloque autour de lui. Une personne blessée dans la rue, toujours la foule qui se presse, bien souvent passive.
Sommes-nous de ces badauds qui viennent et s’entassent autour du blessé et qui fermons, peut-être à notre insu, tout espace pour laisser passer les secours, le secours ?
Et le secours, c’est le Christ, le Fils de l’homme venu chercher et sauver ce qui était perdu. C’est bien le Christ Bon Berger qui se présente à nous aujourd’hui. Et heureusement pour nous, Dieu précède le besoin de l’homme et passe malgré les obstacles.
            Oppressante est la foule et c’est pourquoi Zachée prend de la hauteur.
Celui qui cherche à voir Jésus est vu le premier et se retrouve au cœur de l’attention de la foule. Jésus l’interpelle : « Zachée, descends vite : aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer chez toi. » 
Etonnement, désapprobation : Pourquoi lui, pourquoi ceux qui sont aux marges, dans les arbres et pas nous, bons chrétiens, disciples du Christ ? Pourquoi Jésus passe son chemin et  se tourne vers le pécheur ?
La recherche, le désir ! Sommes-nous toujours en recherche ou contentons-nous parfois d’être sur le chemin, avec la foule ?
La foule n’a aucun désir, elle est là, passive, attend que cela passe, elle ne voit même pas ce qui en train de se passer, elle est enfermée dans son cadre habituel tel un poisson rouge dans son bocal.
            L’habitude peut nous faire perdre cette capacité à désirer. Mais comme Dieu nous devance dans notre quête, a l’initiative, nous pouvons, avec l’aveugle d’hier et Zachée aujourd’hui, confesser dans la confiance le nom du Seigneur, qui vient combler notre désir bien au-delà de ce que nous attendons.
Et c’est la joie qui nous anime. Toutefois, nous ne sommes pas à l’abri des récriminations. Bien vite la lourdeur du regard d’autrui ou de notre propre regard peut nous faire perdre de vue le but de notre désir :
« Voir Jésus, chercher à voir qui est Jésus. »
            Et c’est dans l’Aujourd’hui que nous pourrons ravivez ce désir.
Ne pensons plus à l’essoufflement de notre désir d’hier, à nos murmures, ne remettons pas à demain l’embrasement de notre désir de voir Dieu, pensons et demeurons dans l’Aujourd’hui.
            Cet Aujourd’hui salvifique de Dieu, il est éternel et nous permet d’être Fils d’Abraham, d’être enfant de Dieu accueillant authentiquement chez nous, comme Zachée, le Salut en personne, Jésus-Christ.

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